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À Bangui, une «accalmie» fragile
Libération
“La «bonne nouvelle» du retour des déplacés de Bangui masque une disparité inquiétante : «Les musulmans victimes de nettoyage ethnique et qui ont quitté le pays en 2013 ne sont pas revenus, eux, explique Enrica Picco, chercheuse indépendante sur l’Afrique centrale. La population les désigne comme des “étrangers” à cause de leurs origines, parfois lointaines, de leur métier (commerçants dans un pays d’agriculteurs), de leur langue (l’arabe davantage que le sango). Cette question de la citoyenneté centrafricaine, centrale, est restée ouverte depuis le début de la crise. Et les autorités refusent d’y toucher.»”
“En droit, la RCA octroie la nationalité à toute personne née sur son territoire. Quand cette personne est née de parents étrangers, elle peut faire une demande de nationalité avant sa majorité. Mais dans un pays où l’administration est quasi inexistante et où les certificats de naissance sont rares, «c’est la perception des gens qui définit l’individu», poursuit l’universitaire. «Or une personne née de parents tchadiens, même enregistrée, est toujours considérée comme étrangère. Les réfugiés eux-mêmes ont ce discours du “eux” et “nous”. Ils ne se sentent pas faire partie de la nation.»”